Les cycles d’essorage – Martin Bureau

2 MARS AU 1er AVRIL 2018

L’exposition, composée de tableaux réalisés à l’aquarelle et à l’acrylique, s’inscrit dans la continuité du travail récent de Martin Bureau, et dans la poursuite d’une forme d’investigation des théories de la catastrophe dont celles entourant l’anthropocène. Ce dernier terme désigne la période géologique dans laquelle nous nous trouvons où l’impact de l’activité humaine domine l’évolution des écosystèmes, devant tous les autres phénomènes naturels.

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 La technique picturale de Martin Bureau, qui implique à la fois la figuration, l’effacement et la transparence, prend avec Les cycles d’essorage une dimension toute particulière. La lumière traverse ici encore la dureté du trait et des sujets. Les mondes qui apparaissent sur les tableaux sont formés par des traces de nature diverse, qui créent et altèrent dans un mouvement d’accumulation et de perte. Les taches rappellent les conflits entre technologie et usure ; les lignes et les couleurs, la perte de signal liée à l’anthropocène. On sent le plaisir qu’a le peintre avec ces jeux formels.

Les manèges et jeux d’eau, symboles de plaisir brut, sont mis en relation avec des éléments naturels tendus. La vélocité d’essorage fait référence à l’efficacité des roulements des manèges. L’humain est face à l’inconnu du prochain cycle. Les époques se succèdent, le passé est oublié, purgé, essoré, et la nature se renouvelle, ou pas.

« Le concept d’anthropocène a pour moi ceci de fascinant qu’il semble englober toutes les formes de théories catastrophistes, de l’eschatologie à la tempête parfaite. L’anthropocène se permet de plus d’emprunter à l’esthétique du sublime en créant un imaginaire de la fin des temps. Mais il ne s’agit pas de spiritualité, ni de poésie mais bien de géologie ! Et pourtant. Une bonne couche de gaz, de plastique et de ciment s’accumule à la surface de la Terre. Nous le savons. Nous nous amusons. » 

Martin Bureau


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